Comment bien hiverner ses ruches ?

hiverner ses ruches

Lorsque l’automne s’installe, l’apiculteur doit finaliser l’hivernage de ses colonies.

La question se pose alors: comment protèger ses ruches?

La meilleure chance pour vos abeilles étant d’avoir un apiculteur formé, et prêt à réagir à tous les imprévus, la Fabrique qui Pique propose une formation en ligne spécifique “hivernage des ruches”.

Mais en attendant de nous retrouver en ligne, voici nos conseils pour passer l’hiver sans encombre.

Quand réduire l’entrée de la ruche ?

Il s’agit avec cette manipulation d’éviter que des petits prédateurs, en particulier les souris et les musaraignes, innoffensives en été, ne rentrent dans la ruche se nourrir de miel ou d’abeilles.

Pour se défendre, la grappe serait obligée de se disloquer, entraînant l’engourdissement puis la mort des abeilles à cause du froid. Donc, les réducteurs d’entrées peuvent être posés dès que les températures nocturnes descendent sous les 14 degrés.

Evidemment, si vous conduisez vos ruches avec un trou de vol en façade, comme par exemple en Warré, l’entrée est inaccessible pour les rongeurs.

Les rayons sont en hauteur au dessus du vide sanitaire, et il n’y a pas besoin de réduire l’entrée.

La réduction d’entrée concerne les ruches à cadres avec plan d’envol.

Quand fermer le fond de la ruche ? 

Il n’est pas forcément nécessaire de fermer le fond de ruche, surtout si vous vivez dans le sud de la France ou les hivers sont plus doux.

En effet l’air chaud ne s’échappe pas par le bas, il monte vers le toit, car il est plus léger.

Même dans les régions plus au nord, il peut être utile de laisser un filet d’air entrer par en bas pour permettre aux abeilles de renouveler l’air ambiant et de contrôler l’humidité dégagée par la colonie, en créant un flux entre le fond et le plan d’envol.

Si la ruche est trop hermétique, cela favorise la formation de moisissures aux angles, avec un risque accru de maladies opportunistes comme les mycoses, qui adorent l’humidité.

Comment isoler ses ruches ?

C’est une question trop souvent laissée de côté alors qu’elle est essentielle au bon hivernage de vos colonies.

Une ruche, c’est comme une maison. Il faut arriver à garder la chaleur, mais sans l’humidité. Et le dispositif clé, c’est le toit. Il doit être à la fois respirant et isolant.

En ruche Warré, le coussin est indispensable. Rempli de matériau isolant, avec un petit trou au dessus, il laisse filtrer un peu d’air en continu, mais en retenant la chaleur produite par la grappe. De l’air sain entre par le trou de vol en bas, créant une ventilation continue.

En ruches à cadres conventionnelles, ce renouvellement n’est pas aussi performant, voilà pourquoi on a tendance à retrouver des moissisures sur les cadres de rives innoccupés en hiver.

Pour améliorer cela, il faut veiller à poser par dessus le couvre cadre un matériau type mousse Apifoam et pourquoi pas, opter pour un toit chalet qui permettra à l’air de circuler au dessus de l’isolant.

Quel poids pour une ruche en hivernage ?

Tout dépend de vos abeilles.

Une colonie d’abeilles noires qui vit dans son environnement, dans une ruche bien isolée, restera toujours la plus performante en termes de frugalité, avec une consommation de 6 kg par hiver tout à fait possible.

Les colonies métisses ont des comportements très variables. Les abeilles jaunes ont tendance à être beaucoup plus voraces en hiver.

Une chose est sûre : si votre reine reprend sa ponte trop tôt, trop vite, la consommation explosera en mars, pouvant atteindre 15 kilos.

Il faudra être très vigilant sur la fin d’hivernage! Il n’y a donc pas de réponse à cette question.

A vous d’observer vos colonies et d’agir en conséquence pour éviter la famine en nourrissant si besoin.

Hivernage de ruche en cave: bonne idée?

Certains apiculteurs, pour contrer une reprise de ponte précoce, recréent un hiver artificiel en hivernant leur ruches en cave.

Cette méthode requiert d’avoir un local à mettre à disposition. La question du vol de proprété se pose tout de même.

A la Fabrique qui Pique, nous sommes pour minimiser l’interventionisme dans les colonies.

C’est pourquoi nous n’avons pas opté pour cette méthode, afin de permettre aux abeilles de s’adapter par elles-mêmes

Hivernage d’un petit essaim

Il arrive parfois que l’on récupère un petit essaim dit “de misère” en automne ou qu’une colonie soit très petite. Ses chances de passer l’hiver sont donc très compromises.

Quoi qu’il en soit, un habitat adapté à la taille de la colonie est indispensable. 

Une colonie bien serrée se sent plus forte. On peut donc partitionner une ruche, hiverner en ruchette, en mini plus…

Tous les stratagèmes sont bons !

L’hiver est la plus dure épreuve pour les abeilles, et aussi pour l’apiculteur qui perd toujours quelques unes de ses protégées.

Pourtant, bien souvent au printemps la vie reprend au plan de vol, prouvant encore et toujours à quel point les abeilles sont résistantes et résilientes.

Bon hivernage, et à bientôt en ligne si vous voulez en savoir plus!